La nouvelle année déjà bien entamée et voici des conditions printanières sur l’ensemble de l’hexagone et au-delà !
Le réveil de la nature… et des butineuses !
Saviez-vous que le noisetier fleurit avant la fin de l’hiver ?
Regardez bien ces petites « chenilles » suspendues aux branches de nos noisetiers : ce sont des chatons (fleurs).
Ils détiennent un trésor inestimable pour nos abeilles. Les fleurs mâles offrent du pollen en abondance dès janvier ou février, quand presque rien d’autre ne fleurit. Ce pollen est riche en nutriments, il aide les abeilles à retrouver leur vigueur après l’hiver.

Cette année, la météo favorable permet aux colonies d’en profiter. Ce n’est pas toujours le cas, un temps trop froid et/ou trop pluvieux ne laisse pas les abeilles mettre une aile dehors.
La sortie du confinement hivernal est également l’occasion pour elles de faire un vol de propreté. Un vol de quoi ?
Les abeilles sont des créatures d’une propreté extrême. Elles ne laissent aucune déjection à l’intérieur de la ruche. Pendant l’hiver, elles accumulent les déchets de leur digestion dans une poche spéciale appelée l’ampoule rectale. Elles peuvent stocker plusieurs semaines, voire des mois, si les températures restent trop basses.
Dès que la température extérieure dépasse les 10-11°C environ, et que le soleil pointe le bout de son nez, c’est l’effervescence autour de la ruche !

Elles prennent leur envol pour quelques dizaines de minutes, le temps de vider leur ampoule après ce long confinement.
On comprend donc aisément qu’un hiver un peu trop long est un problème pour la bonne santé de la colonie.
Elles commencent également le grand ménage de printemps pour évacuer les abeilles mortes durant l’hiver.
L’heure du décompte pour l’apiculteur !
Dès que le redoux pointe son nez, je suis à l’affut des signes de vie de mes colonies. Celles qui ne montrent aucune activité sont ouvertes et le décès trop souvent constaté.
Après les pertes de l’automne imputable à la pression du frelon asiatique, le printemps affiche également une lourde mortalité (60% par rapport au début de l’hiver). Depuis mes débuts en apiculture, c’est la première fois que je suis confrontée à autant de pertes.
A côté de confrères ayant tout perdu, il serait malvenu de se plaindre. A côté de l’impact sentimental, l’apiculteur fait face également à l’impact économique, loin d’être négligeable. Le remplacement des colonies perdues est une lourde charge pour les petites exploitations. Cela explique que tant d’apiculteurs jettent l’éponge après tant de labeur et autant de déception. Pour ma part, le fait de devoir conserver une activité salariée en plus de la gestion du rucher rend les choses difficiles. Cela freine le développement de l’activité apicole mais me permet de persévérer et au rucher de survivre.
Hausse des températures = retour du frelon !
Cette douceur bien agréable sonne l’heure de sortie des pièges à frelon.

Avec le redoux, les fondatrices peuvent être tentées de mettre le nez dehors pour chercher un endroit propice à l’élaboration du nid primaire.
C’est déjà bien d’actualité dans plusieurs régions de France et chez nos voisins belges.
La mise en place du piégeage de printemps est à présent lancée en Haute Savoie et chez Apiyaute en particulier.
Ce sont évidemment des coûts supplémentaires pour les apiculteurs.
Toute fondatrice piégée au printemps c’est un nid qui ne devra pas être éliminé par la suite, avec toutes les nuisances et le coût que cela comporte !
La saison 2026 s’annonce d’ores et déjà bien intense !
A bientôt pour les nouvelles du printemps !
